Wallonie - Occupation des sols (source: Cellule État de l'Environnement wallon...via Wikimédia)
C’est un de mes plaisirs dans la production de ce blogue : « voyager » à peu de frais! Pour aujourd’hui, je vous amène en Wallonie (Belgique) avec pour guide M. Didier Marchal, ingénieur agronome, qui donnait cette semaine une conférence au Service canadien des forêts à Québec. Si cette dernière s’intitulait « Gestion forestière en Wallonie (Belgique) et valorisation énergétique de la biomasse », considérant la vocation de ce blogue, je vais essentiellement m’attarder aux aspects de « gestion forestière ». Et comme vous allez pouvoir le constater, la Wallonie forestière, ce n’est pas la même échelle de perception que le Québec forestier. Toutefois, lorsque l’on s’attarde aux enjeux, on s’aperçoit qu’à plusieurs égards, ce n’est pas un monde si différent. Donc, embarquons pour ce « Plat pays » (Jacques Brel) afin de découvrir cette autre réalité!
Arc-en-ciel au-dessus d'une forêt de l'Alaska (Auteur: Marcin Klapczynski, Source)
Si vous suivez moindrement l’actualité du monde de l’aménagement forestier, il est impossible que vous n’ayez pas entendu parler de certification. Le grand principe de la certification veut que le caractère durable de l’aménagement forestier d’une forêt donnée soit validé par un auditeur externe. Cette validation est basée sur différents critères et indicateurs qui sont établis par des organismes de certification (ces organismes accréditent les auditeurs, ils ne certifient pas directement). Un des plus connus parmi les organismes de certification est le Forest Stewardship Council (FSC).
Développé par des groupes environnementaux dans la foulée du Sommet de la Terre à Rio (1992), le FSC a connu une popularité croissante ces dernières années. Entre 2000 et 2012, les superficies forestières certifiées FSC de par le monde sont passées de 22 millions d’hectares à 151 millions d’hectares. Si le succès est bien réel, la question est à savoir s’il sera durable. Le FSC est en compétition avec d’autres programmes de certification dans ce qui semble se transformer en une bataille « FSC contre le monde ». Aussi, nombre d’observateurs et de professionnels se montrent de plus en plus critiques envers, non seulement la supériorité présumée de ce programme, que vis-à-vis les méthodes agressives de ses partisans (groupes environnementaux) pour le promouvoir.
Porte-conteneur (Auteur: The National Ocean Service, Source)
Jusqu’à quel point est-il justifié pour une société d’exporter ses ressources naturelles sans les transformer sur place? C’est le grand débat qui a actuellement lieu dans le milieu forestier de la Colombie-Britannique, un débat stimulé par la Chine. Car ce pays n’est pas seulement le premier exportateur mondial, il est aussi le deuxième importateur mondial! Et s’il y a une province du Canada qui profite de cet « appétit » de la Chine pour les importations, c’est bien la Colombie-Britannique. Entre 2005 et 2011, la Chine a accaparé de 5,2 % à 32,6 % de la valeur totale des exportations des produits forestiers britanno-colombiens (Figure 1). En argent sonnant, ce 32,6 % se traduit en 3,2 milliards $. Si cela fait le bonheur du gouvernement et de plusieurs industriels forestiers, tout le monde ne partage pas cette joie, particulièrement lorsqu’il s’agit de l’exportation de billots récoltés en forêt publique, mais non ouvrés (transformés) en Colombie-Britannique. Malgré qu’il ne s’agisse pas des bois avec le plus de valeur commerciale (construction de caissons pour couler du béton), la bataille politique sur le sujet est chaude. Une bataille qui peut susciter la réflexion au Québec.
Rio de janeiro (Brésil, Auteur : Klaus with K, Source)
RIO+20. C’est le nom abrégé de la 5e Conférence des Nations Unies sur le développement durable qui se tiendra à Rio de Janeiro (Brésil) du 20 au 22 juin 2012. Une Conférence que vous connaissez peut-être mieux sous l’appellation « Sommet de la Terre » et dont les deux grands thèmes seront : l’économie verte comme outil d’éradication de la pauvreté et la création d’un cadre institutionnel pour le développement durable. En vue de cette Conférence, l’Organisation internationale de la Francophonie a mandaté la Chaire en éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) de coordonner les efforts pour publier au mois de mai 2012 un livre intitulé Forêts et Humains : une communauté de destins. Un livre et ses messages qu’est venu présenter jeudi dernier M. Claude Villeneuve (Titulaire de la Chaire) lors d’une conférence au Centre de Foresterie des Laurentides. Compte-rendu.
En ce début d’année 2012, j’ai décidé d’ajouter une autre corde à mes sources d’inspiration : faire des comptes-rendus de certaines conférences auxquelles j’ai assisté. Pour cette première : une conférence sur les 20 ans du Réseau International des Forêts Modèles (RIFM) tenue au Centre de Foresterie des Laurentides le 12 janvier et donnée par messieurs Nicolas Duval-Mace et Jacques Robert. M. Duval-Mace est conseiller en politiques au Secrétariat du RIFM et M. Robert est coordonnateur régional (Québec) pour le Programme des collectivités forestières du Canada (ce Programme a officiellement remplacé en 2007 celui des Forêts Modèles, même si ce dernier nom perdure dans le vocabulaire quotidien).
Qu’ont en commun Paul McCartney, Jimi Hendrix et Eric Clapton? Réponse : ils ont utilisé des guitares Gibson. Or, le célèbre fabricant de guitares du Tennessee est actuellement au coeur d’un processus judiciaro-politique concernant l’origine du bois de ses guitares. Dans les deux dernières années, ce fabricant s’est fait saisir des guitares et composantes de guitares pour cause de potentielle importation illégale de bois (Madagascar en 2009 et Inde en août 2011). Le fabricant affirme non seulement qu’il n’a rien fait d’illégal (aucune accusation criminelle formelle n’a pour l’instant été déposée), mais il passe même à l’offensive pour faire amender la Loi qui l’a mis en accusation.
En commençant ce web-journal, j’ai choisi de ne pas coller à l’actualité immédiate. C’est pourquoi il ne faut pas vous surprendre que je puisse revenir sur des éléments d’actualité qui ne soient pas les plus récents pourvu qu’ils s’avèrent une source de réflexion intéressante. Je vais faire référence aujourd’hui à un article publié en juillet dans un « Spécial Forêts » de la revue l’Actualité soit « Forêts : le péril russe » (note : vous allez aussi retrouver dans ce « Spécial » un article sur la Triade et une entrevue avec Richard Desjardins, ce dernier parlant en fait relativement peu de forêts à cette occasion!).
Chronique un peu spéciale avant une petit pause estivale alors que, plutôt que de traiter d’une actualité spécifique, je vais faire une petite réflexion sur la base de mes vingt chroniques précédentes. Ayant laissé les sujets s’imposer d’eux mêmes, le résultat fut une grande diversité dans les thèmes, unis cependant dans leur capacité à amener une réflexion sur l’aménagement forestier au Québec. Suite à ces vingt chroniques, deux constats m’ont particulièrement marqué, soit la complexité de l’aménagement des forêts publiques et le rôle essentiel mais bien souvent obscur que les forêts ont joué et jouent toujours dans le bien être des sociétés.
C’est une première. Pour cette chronique c’est un évènement à venir qui asuscité mon intérêt. Un évènement qui aura lieu ce soir (jeudi le 3 février) en fait, soit la Chaire publique de l’Aelies (Association des étudiantes et étudiants de Laval inscrits aux études supérieures). Les Chaires publiques sont des séries de conférences sur des grands enjeux de société. Le thème de ce soir : « La forêt québécoise : conservation ou exploitation ? ». Je dois avouer qu’au premier abord j’ai été agacé par le titre qui présente la question forestière québécoise sur la base de cette dichotomie. Mais il y avait quelque chose de plus profond qui m’agaçait. Et c’est là que j’ai pris le temps de lire (relire dans un cas) deux articles qui posaient cette même question mais avec une vision à l’échelle planétaire.
La grande mission de ce blogue est de garder les “antennes” ouvertes sur l’actualité forestière de l’extérieur du Québec pour mieux réfléchir à l’aménagement forestier d’ici. Les chroniques récentes que j’ai faites sur les enjeux internationaux des forêts tenaient beaucoup au caractère exceptionnel du dossier de The Economist. Donc, lorsque suite à ces dernières chroniques j’ai reçu un courriel (en français) d’une représentante d’Asia Pulp & Paper me référant à un rapport de Greenspirit Strategic Ltd concernant leurs travaux en Indonésie : 1- j’ai été très surpris et quelque peu flatté (mon blogue s’est rendu loin!), 2- indécis et inquiet : traiter une nouvelle fournie par l’industrie… je pouvais anticiper les tomates virtuelles sur mon blogue! 3- je ne connais pas l’Indonésie et faire des liens avec le Québec risquait d’être chose difficile voire impossible.
J’ai donc commencé par chercher à comprendre le dossier pour voir dans quelle mesure je pouvais “traiter” cette information (d’où un délai plus long pour produire cette chronique…). En résumé : il est question d’une compagnie papetière (Asia Pulp & Paper) accusée par des groupes environnementaux, Greenpeace en particulier, de détruire l’écosystème forestier indonésien qui est essentiellement sous juridiction publique. Remplacez le nom de la compagnie par AbitibiBowater et “indonésien” par “québécois”, et vous êtes en terrain très connu! De fait, la stratégie et les arguments de Greenpeace apparaissent fondamentalement les mêmes quel que soit l’écosystème : des images fortes (des coupes), une espèce animale menacée (le tigre de Sumatra, “notre” caribou des bois), un débat sur le bilan de carbone et une campagne axée sur le boycott par les clients de cette compagnie (pour plus de détails : Pulping the Planet et Empires of Destruction). Donc “oui”, il y avait certainement une chronique à faire et trois éléments sont ressortis du lot, soit : le constat de Greenspirit Strategic Ltd, la réaction d’Asia Pulp & Paper face à cette campagne et une petite réflexion sur notre perception du rôle de l’industrie forestière dans notre histoire. Je vais essayer d’être aussi “synthétique” que possible!